Le 16 juillet 2017, je pars à Azalaï Hotel Abidjan voir Franck Edja , le chargé de communication du groupe Azalaï.
Il me reçoit dans leur jardin suspendu. Coup de foudre, je suis amoureuse de l’espace.

Je lui dis : « Mais cet endroit serait super pour des séances de projections de films. Donnez-moi l’endroit avec tout le matos qu’il faut, je vous le transforme en salle de cinéma ou les cinéphiles se donneront rendez-vous. »

Franck avec un sourire me répond : « c’est justement l’une des raisons pour lesquelles j‘ai voulu qu’on se voit. Azalaï veut organiser des soirées cinéma et je veux que ce soit en partenariat avec Lagozi.
Notre rendez-vous amical a pris une autre tournure. On a commencé à parler business .lol

 

COURSE CONTRE LA MONTRE

FadiKa Kramo, Etalon d’or de Yennenga 1981 au Fespaco

Lundi 31 mai, je reçois un appel « la soirée de lancement est prévue pour le 10 août. Tu dois nous trouver un classique ivoirien et aussi faire en sorte que le réalisateur ou les membres de l’équipe du film puissent être là ».

Lorsque j’ai raccroché d’avec Azalaï, j’ai souri. Je ne pouvais faire que ça, sinon j’allais stresser.
J’ai commencé à réfléchir « Qui choisit? », « Quel film ? », « Qui voudrait me donner son film et être présent à la projection ? Surtout un film qu’on n’a jamais vu… ».
Je savais qui appeler du coup : M. Fadika Kramo. Et je ne m’étais pas trompée. Dès que je l’ai appelé, il m’a aussitôt donné son accord.

 

DE WARIKO A DJELI

Avec Franck, on avait en tête de montrer Wariko. On aime tous les deux ce film et surtout M. Kramo me l’avait déjà gravé sur un CD pour un ciné club organisé OVillage. Donc, il n’y avait aucun souci.

Après un RDV à Azalaï et avoir compris le but de nos soirées Cinéma, M. Kramo a souhaité qu’on diffuse plutôt Djéli.
Djéli, c’est le premier film ivoirien à avoir remporté l’étalon d’or de Yennenga. Djéli , c’est le film qui valu à Fadika une statue de bronze sur la place des cinéastes aux coté de ses confrères primés.

Okay, on diffusera Djéli et Kramo a repoussé son voyage pour le Maroc afin d’assister à l’évènement.
Super, j’étais aux anges. On avait le film, le réalisateur…bref tout était réuni pour que tout se passe comme sur des roulettes.

 

LA SOIRÉE DE LANCEMENT

On est le 10 août, jour du lancement. Je suis un peu inquiète. Je n’ai pas envie que les gens s’ennuient devant le film. Je veux qu’ils kiffent autant que moi.
Le film commence lentement et silencieusement…. J’entends les gens murmurer. Je suis inquiète qu’ils commencent à sortir. Et puis, Dieu merci les dialogues démarrent.
J’entends les rires, je vois les gens concentrer. Je suis heureuse et soulagée quand j’entends le standing ovation de la fin. Ouf, tout le monde a aimé ….

On a réussi notre pari et cela bien que la qualité d’image du film ait été dégradé au moment de la diffusion.

 

ET SI ON PARLAIT DE DJELI ?

J’ai toujours aimé les films africains d’une certaine époque. De ces films on ressort toujours avec des leçons de vie et on apprend énormément. Djeli a sacrifié à la tradition.

Djeli, c’est l’histoire d’un amour « impossible », entre deux jeunes gens de castes différentes.
Je vous imagine tirer la bouche et dire « déjà vu ». Ce film a été tourné il y’a plus de 30 ans, juste pour que vous le sachiez et pourtant la thématique reste d’actualité.

Les différents plans sur Abidjan, ont montré que la capitale économique n’a pas tellement changé.
J’ai adoré comment les prises de vues et les mouvements de caméra ont été faits. Ce film serait un cours parfait pour enseigner comment et dans quelle situation utiliser les valeurs de plan et les mouvements de caméra dont parle mes livres sur le cinéma .

Mon coup de cœur, c’est un panoramique effectué pendant la réunion de famille pour essayer de raisonner Fanta…
C’est un panoramique horizontal qui s’est fait des adultes (femmes…une donnait le lait à un bébé) vers les enfants pour s’achever sur le père de Fanta.

Pour moi, ce plan montrait exactement le fonctionnement de la famille en Afrique : Les femmes sont celles qui donnent naissance aux enfants. C’est dans leurs seins qu’ils naissent mais c’est finalement au père que revient le dernier mot.

Bref Djéli est aussi beau pour ses proverbes: « Tâche de sourire au caïman tant que tu as ton doigt dans sa bouche« , « Quand on a viande à cuire, on va vers celui qui a le feu», « Quand on crache en l’air il faut s’attendre à recevoir la salive sur le bout de son nez« , « Le coton qui perce la tête, contient un morceau de bois« …

En tout cas, avec  les retours que nous avons eu sur le cinéma club, je suis sûre qu’on ne s’arrêtera pas de si tôt.

Rendez-vous dans 2 semaines pour découvrir un autre chef d’œuvre du cinéma ivoirien.

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