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Entretien avec Alain Modot, DG de Diffa

En février, c’est pendant le FESPACO 2017 que je rencontre Alain Modot,  directeur général de DIFFA. On se connaissait déjà tous les deux mais on se rencontrait pour la première fois.

Vu les activités diverses de chacun pendant le festival , nous avons convenu d’un rendez-vous en ligne vu que j’avais en projet de faire une interview avec lui.

Coup de chance, au  début du  mois de mai, Alain Modot  est à Abidjan. Le rendez-vous virtuel  devient donc physique et moi j’en profite pour enfin en savoir plus sur les activités de DIFFA.

 

1- Et si vous racontiez Diffa …

DIFFA est une initiative de Media Consulting Group (France) et Martika production (Côte d’Ivoire) en faveur d’une meilleure distribution des œuvres cinématographique et audiovisuelles des pays francophones du Sud sur les marchés régionaux et internationaux. DIFFA a été soutenue à sa création par l’Organisation International de la Francophonie.

2- C’est quoi l’objectif de Diffa ?

L’Objectif de Diffa c’est la promotion et la vente internationale des programmes produits, écrits et réalisés par des africains. C’est permettre aux producteurs de bénéficier des avantages du marché international et de soutenir le développement durable des boites de productions . En faisant remonter tous les revenus du marché international que méritent leurs programmes. Et je pense que c’est la grande différence entre nous et certains de nos concurrents.

3- Il y’a eu une fusion entre Diffa et le groupe Lagadère ?

En 2015, j’ai été approché par le groupe Lagardère qui souhaitait se développer en Afrique dans la production et la distribution. Nous avons partagé la même vision du marché et les mêmes valeurs pour le soutien à la création africaines et nous nous sommes unis. Aujourd’hui Lagardère a 50,1%, Martika et moi 49,9% du capital

 

4- Diffa existe depuis quelques années maintenant. Si on devait quantifier votre catalogue, ça serait quoi les chiffres ?

Diffa aujourd’hui, c’est plus de 90 producteurs pour 1300 heures de programmes( films, séries, documentaires, Film d’animation) de 28 pays africains (francophones, anglophones), et de quelques producteurs réalisateurs de la diaspora en Europe et en Amérique et au Brésil. Notre catalogue est composé d’environ 80% d’œuvres en langue anglaise quelques heures en portugais et en langues locales (swahili, lingala, wolof) et le reste en français

 

5- Les productions de femmes, on en parle ?

Nous fournissons de gros efforts pour promouvoir et privilégier le contenu de la gente féminine africaine. Qu’elle soit productrice, scénariste ou réalisatrice nous pensons qu’elles ont des choses à dire et montrer. C’est dans ce contexte que nous avons apporté notre soutien à Kadhy Touré de la Côte d’Ivoire et Apoline Traoré du Burkina Faso et à de très jeunes créatrice comme Macherie Ekwa Bahanga de RDC ou Fatou Kande Senghor du Sénégal et bien d’autres encore

 

6- J’ai vu que vous aviez installé des bureaux à Abidjan….

Oui, nous avons des bureaux ici à Abidjan plateau en plus de ceux de Paris. On a aussi d’ailleurs en projet, l’ouverture d’un bureau à Nairobi (Kenya) pour la zone anglophone.
L’idée de tout ça c’est d’être plus proche des producteurs afin de mieux les servir, mettre en avant et vendre véritablement leurs productions.

7- Quels sont les critères de sélection de Diffa pour accepter de distribuer un film?

Nous avons 3 critères de sélections.
Le premier critère, c’est la qualité technique. Car, il y’ a encore trop des films qui ne respectent pas les normes internationales (pas de version internationale , pas de respects des droits musicaux et autres)
Le deuxième critère, c’est le message. Il faut que le film ne soit pas contraire à nos valeurs. Il faut qu’il respecte la dignité humaine, la démocratie, l’égalité entre les hommes et les femmes. Ce n’est pas de la censure mais le respect de valeurs minimales mais essentielles pour vivre en société.
Il ne faut pas qu’il fasse l’apologie de la violence et du racisme. Les films s’inscrivant dans ce genre de logique n’ont aucune chance de passer dans notre catalogue.
Et enfin, le troisième et dernier critère, on regarde s’il y’ a un marché potentiel pour le film. Trop de films encore sont vraiment réalisés pour un marché local ce qui peut se comprendre. Mais nous sommes très attentifs car sinon nous n’aurions jamais vendu « les rois de Ségou » produit par une autre femme brillance Nana Toumagnon PDG de la société Brici Films œuvre 100% malienne s’il en est.

Par ailleurs en ce moment nous sommes à la recherche de films pour des festivals et les salles en Europe et vraiment nous sommes ouvert à tout type de films et séries innovants avec une approche sous régionale et une écriture filmique qui rompt avec les vieilles habitudes de réalisation (acteurs assis sur leurs canapés avec le téléphone à l’oreille, acteurs trop souvent mal dirigés qui surjouent, faiblesses des scénarios) et nous sommes prêts à accompagner un certain nombre de projets naissants afin qu’ils atteignent le niveau de qualité qui va séduire les clients potentiels.

8- Comment un producteur peut rentrer en contact avec Diffa ?

Nous avons notre bureau dans le même immeuble que Vibe Radio. Tous producteurs qui désirent nous rencontrer peuvent s’y rendre.
Après je suis disponible sur facebook et on peut me contacter via le compte «Alain Modot» ou «Diffa tv».

9- Quelle est la durée de vos mandats quand vous signez un programme ?

Pendant 3 ans et le contrat est renouvelable. Certains producteurs trouvent que c’est trop long mais c’est bien le temps minimal qu’il faut pour bien faire vivre un programme sur le marché international. Mais tous s’y font. Et les seuls producteurs qui ont quitté DIFFA sont hélas deux disparus en 2016, Marie Louise Asseu et Cheick Fantamadi Camara

 

 

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