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Félicité : un long film qui reste !

Le mercredi 1er mars 2017, lors du Fespaco (Festival panafricain du cinéma et de télévision de Ouagadougou), j’ai pu assister, de justesse, à la dernière projection de Félicité, le film d’Alain Gomis. Pas besoin de (re)donner la raison de la « justesse ». Vous le savez maintenant : je suis toujours en retard. Première remarque quand je sors de la salle : le film est long, très long. Enfin, pour moi. 2 heures 03 minutes, pour quelqu’un qui a fait la fête la veille et n’a dormi que 3 heures de temps, c’était  vraiment long.

 

Avant de faire ce que j’aime faire, critiquer il s’entend, je vous fais un pitch rapide du film (comme je l’ai compris).

 

Alors… Félicité, c’est l’histoire de Félicité. Normal. En fait, Félicité, c’est la femme du 21ème siècle. Elle est libre, autonome, fière… bref, elle semble n’avoir besoin de personne. Pour faire simple, elle a « gros cœur ». Félicité est chanteuse, dans un bar de Kinshasa. Comme dans toute vie tranquille, tout sera chamboulé. Un bouleversement provoqué par l’accident de moto de son fils de 14 ans.

 

Bien évidemment, comme toute mère, elle va tout faire pour sauver son fils. Comme par magie, ou par accident, apparait dans sa vie Tabu, le dragueur. Pas très beau, ivrogne, coureur de jupon… mais qui finalement a un grand cœur. Il va apporter à Félicité le soutien dont elle a besoin…

 

 

Ma critique

 

 

Le film commence en musique. Les premières images plantent le décor. Nous sommes à Kinshasa, en RDC, pays du Lingala. Mais, surprise, Félicité ne chante pas en lingala. La go chante en… latin. Il y’a aussi de l’opéra dans le film. Je me suis dit « Hou là, on va voir un film de blanc avec des noirs ». Ca fait peut-être cliché de dire ça, mais bon… Finalement, le film ne m’a pas fait cet effet. Passons.

 

Après une minute, j’aperçois le décolleté de Félicité. Ca fait réagir mon voisin : « Hum, elle a lolo dèh », a-t-il lancé. J’étouffe de rire. Mais, je souris surtout, parce que, au vu de cette séquence, je sais que je m’apprête à voir du cinéma.

 

Je suis bluffée par la direction photo sur ce film. Après, je me demande souvent s’il faut vraiment juger des réalisateurs comme Gomis (Daouda Coulibaly, Idrissa Ouedraogo…) sur la technique.

 

J’ai prêté une attention particulière au son. J’étais persuadée qu’une bourde serait faite à un moment. Soit une mauvaise prise de son, soit un son mal enregistré en studio, ou même Félicité qui pousserait une fausse note. J’ai tellement attendu cette faille que je me suis endormie un moment (J’ai vraiment dormi).

 

L’histoire de Félicité a eu du mal à séduire. Ce qui est vrai. Beaucoup ont dit ne pas avoir compris le message. Moi, je l’ai tellement compris que je pense que le film aurait dû prendre fin au bout des 80 ou 90 minutes.

 

Félicité est un film qui donne à espérer, à croire qu’il y a du bon en toute situation. Et que, peu importe la difficulté du combat, il faut s’accrocher. Félicité montre que, parfois, il est important de lâcher prise et se faire aider, afin d’aller de l’avant. Car, finalement, se faire aider ne veut pas dire qu’on est faible.

 

Une chose est sure : un amoureux de film d’action se fera ch*** devant Félicité. Ce film contient plutôt plus de douceur.

 

Je n’ai pas vraiment envie de parler du jeu des acteurs, parce que je me suis tellement laissée emporter par le film que j’ai fini pas croire que Félicité était réel.

 

Au moment où j’écris ce papier, je me dis que le film est long, certes. Mais, sa générosité et les moments de grâce qu’il offre compensent largement cette durée. L’histoire de Félicité est touchante. Le message véhiculé par le film est beau. De plus, je pense que la recette de Félicité marchera, peu importe le pays. Il suffit juste de changer les sous-titres.

 

Le film est long, c’est vrai. Mais, comme dit la mondoblogueuse Amalka Vrlova : « Il y a des moments de grâce et d’humour qui réconcilient avec sa durée. Un parti pris qui fonctionne, finalement, et un film qui reste. »

 

Félicité a mérité son prix d’Etalon d’Or de Yennenga et pour  ceux qui me demandaient si je le recommanderais, je vous réponds : Oui ! Je souhaite vraiment que le Cinéma Majestic (en Côte d’Ivoire) le passe en salle pour que chacun se fasse sa propre opinion.

 

 

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