Etalon d’or de yennenga 2015, Hicham Ayouch est un scénariste et réalisateur franco-marocain.

Après l’avoir raté à Abidjan puis à Ouagadougou j’ai enfin pu mettre la main sur lui il y’a quelques semaines pour cette interview.

C’est dans une ambiance très bon enfant qu’elle a été réalisée.

J’ aurais aimé que cette entrevue soit filmée, elle vous aurait fait découvrir son côté zero prise de tête mais bon pas grave découvrez quand même Hicham Ayouch en 10 questions.

 

1- Hicham en trois hashtags ?

#Sensible #idéaliste #guerrier

2- Vous êtes à la base journaliste et réalisateur d’émissions mais aujourd’hui vous voilà réalisateur de film. Comment s’est fait la transition ?

 

J’ai commencé comme journaliste, j’ai aimé. Ça m’a passionné pendant un moment mais il y’a des limites à ce metier et moi je voulais m’exprimer comme je voulais.
J’ai commencé par un documentaire, ensuite un court métrage pas très bon que je n’ai montré à personne d’ailleurs même aux acteurs. Puis j’ai enchainé les long-métrages. Comme j’avais déjà l’habitude des caméras étant journaliste audiovisuel, la transition s’est fait tout naturellement.

3- Comment vous ait venu l’idée de votre premier film « Tizaoul » ? Aussi quel  est le message derrière ce film?

 

Je n’aime pas trop le fait qu’on me demande le message qu’il y a derrière un film. Moi je fais des films, passer des messages c’est pour les politiques. Je pense que chaque personne doit avoir sa propre émotion. Je n’ai pas à imposer à quelqu’un une émotion particulière : Non.
J’ai toujours des retours différents sur mes films et c’est ce qui est intéressant.
Pour revenir à Tizaoul, c’est un film que j’ai réalisé en berbère. Le berbère, je ne parle pas. J’ai donc réalisé mon premier film dans une langue que je ne connais pas.
Tizaoul relate l’histoire d’un village de pêcheurs où tous les hommes sont morts, il ne restait que les femmes et il y avait ce petit garçon qui avait un rêve : devenir pêcheur.
Ce film est un beau film car ça a été une belle expérience avec de bons comédiens.

4- Vous avez reçu une avalanche de prix à plusieurs festivals et ceux-ci sur 4 continents grâce à “Fièvres”. Comment se sent-on quand on est enfin récompensé et reconnu par ses ‘‘ pairs’’ ?

Les prix dans les festivals ça fait toujours plaisir parce que c’est bien pour l’égo.
On est content, on monte sur un podium, on est pris en photo, et on tient une statue qui ne sert à rien en plus.
Mais, ce n’est pas ça le plus important pour moi.

5- C’est quoi le plus important pour vous alors ?

 

Le plus important pour moi c’est faire des films. Je ne fais pas des films pour gagner des prix .
Je fais des films parce que j’ai besoin de m’exprimer, de partager des émotions avec le monde… quand on a un prix c’est bien mais ce n’est pas pour autant que ça veut dire quelque chose.
On gagne un prix parce qu’un jury a aimé notre film une année. Un même film qu’un autre jury n’aurait peut-être pas aimé. C’est un peu subjectif tout ça. Chaque film est pour moi un nouveau départ. C’est comme si je n’ai rien gagné et je continue à bosser.

6- Du coup pourquoi depuis « Fièvres », le film à succès vous n’avez encore rien sorti….vous ne vous reposeriez pas un peu sur vos lauriers là ?

 

Mais pas du tout. Le scénario de mon prochain film est prêt. Les repérages déjà faits. Même mon casting je l’ai déja. La seule difficulté qui m’empêche de démarrer : c’est le financement.

7- Un étalon d’or de Yennenga et un réalisateur primé comme vous a aussi des difficultés à être financé?

Eh oui ! Surtout quand on traite un sujet aussi sensible que celui de mon prochain film… Donc non je ne me repose pas sur mes lauriers, je cherche juste du financement pour mon prochain. J’ai hâte de commencer à tourner en tout cas.

8- Hicham, ça a l’air tellement difficile tout ça alors que dans le journalisme tout semblait vous sourire. Sincèrement pourquoi faites-vous et continuez-vous à faire du cinéma ?

Parce que pour moi c’est un besoin vital de faire du cinéma. Le cinéma c’est un bel art. Quand je ne fais pas de films je suis malheureux. Quand je ne fais pas du cinéma c’est comme si j’étais en mode « pause ». Pour moi le cinéma c’est la vie et c’est ma vie.

 

9- Quel genre de réalisateur êtes-vous Ayouch ?

Je me définis plus comme un réalisateur de film d’auteur.

10- Quand vous ne serez plus de ce monde, que voudriez-vous que l’on retienne de vous en tant que réalisateur ?

J’aimerais qu’on retienne que j’ai été un réalisateur qui a essayé de raconter des histoires avec sincérité afin d’essayer de toucher les gens et pour les conscientiser sur ce qui est important.
Le rôle de l’art c’est de permettre aux gens de faire un pas de côté face à la réalité et d’exprimer l’autre vision de la réalité.

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