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Noire n’est pas mon métier: Interview avec Karidja Touré

Il y’a quelques semaines , j’étais au festival de Cannes. A cette occasion,  les 16 actrices derrière l’écriture du livre “NOIRE N’EST PAS MON MÉTIER” étaient en promo.

J’ai pu toutes les rencontrer et j’en ai interviewées certaines dont la jeune Karidja Touré.

Karidja est ivoirienne d’origine et a démarre dans le cinéma il y’a 4 ans. Elle a été dévoilé au grand public grâce à son rôle de Marieme, dans le film  bande de filles. Ce rôle lui a même  valu une nomination au césar dans la catégorie meilleure espoir féminin.

Stop de verbiage, découvrez mon entretien avec Karidja Touré.

 

Comment vous êtes vous retrouvée sur ce projet ?

J’ai été contacté par l’actrice Aissa Maiga. Elle m’a demandé, si j’avais envie d’écrire un livre avec elle. Elle m’a dit que le livre parlerait de nos vies d’actrice dans le cinéma français. Et, je lui ai dit pourquoi pas et on a commencé à monter ce projet toutes ensembles.

Avec des devancières justement comme Aïssa Maïga, je suppose qu’il n’y avait plus autant de clichés sur les rôles destinés aux femmes noire quand vous démarriez votre carrière il y’a 4 ans.

Avez-vous rencontré énormément de difficultés pour des rôles au cinéma lié à votre couleur de peau?

Comme beaucoup, la seule actrice noire que je connaissais était Aïssa Maïga. Elle était ma référence même si elle restait quand même discrète. Je trouve qu’elle n’a pas été autant mise en  avant que  les autres comédiennes françaises (banches) qui ont la même carrière  qu’elle . Mais oui, j’avoue je pense avoir eu moins de  difficultés qu’elle mais ça n’a pas été non plus simple pour moi.

 

Avant d’aller plus loin , c’est quoi être  « Actrice noire »?

Actrice noire, c’est quand on vous appelle pour jouer  que des rôles de filles “noires”. Ça veut dire que ça peut être que des rôles  stéréotypés comme: la femme de ménage, la prostituée, la femme avec un accent africain,… ce genre de chose.

Ce qu’ils appellent  “actrice noire”, ce sont ces actrices à qui ils donnent des rôles  qu’ils ne peuvent et ne veulent donner à une actrice blanche par exemple. Il y’a toujours cette  idée stéréotypée de la femme noire, qu’on va prendre parce qu’on est obligé de la mettre dans….car on ne peut pas mettre quelqu’un d’autre.

 

Réellement, avec (tous) les combats menés par le passé,sur la condition de  la femme noire dans le cinéma (français) que pensez-vous que ce livre apportera de plus ou de nouveau ?

 

Ce livre apportera quelque chose de nouveau, parce que c’est la toute première fois!

Toutes les  seize femmes qui ont écrit ce livre ont des carrières différentes.

Nous sommes quand même seize actrices à avoir écrit le livre.

Parmi ces 16, il y en a qui sont dans le métier depuis 30 ans. Moi ça ne fait que quatre ans.

Personnellement, je vois quelques changements parce que tous les rôles pour lesquelles j’ai tournée, pour lesquels j’ai auditionné étaient des rôles  qui auraient pu être joué par des actrices blanches.

Je pense aussi que le fait qu’on soit toutes ensembles  et solidaires, notre voix portera mieux.

Lorsque nous avons toutes fait la montée  des marches, c’était beau à voir. Tout le monde nous a félicité et tout le monde était là et nous a vu toutes ensembles pour un combat commun.  Chacune des actrices avec qui j’ai écrit ce livre, ont toutes individuellement mené ce combat mais ça n’a jamais abouti justement parce qu’elles étaient toujours toute seule chacune dans leur coin. Elles essayaient de communiquer par rapport à ça et ça ne bougeait pas tant que cela. Mais là réunir toutes ensembles , je pense et on espère que grâce à ce livre “noire n’est pas mon métier”  les choses vont bouger et changer.

 

 

Vous voyez-vous  tourner avec des réalisateurs africains en général et  ivoiriens en particuliers?

Oui. Pourquoi pas !? Si le scénario et  le personnage qu’on me demande d’interpréter me plaisent  , il n’y a pas de problème.

 

Connaissez-vous des réalisateurs africains ?

Non. Je ne connais pas vraiment les réalisateurs africains. Déjà,  les réalisateurs français je les connais à peine. Il y’a 4 ans quand je démarrais,  je ne savais pas par exemple qui était Vincent Cassel. Connaitre ou pas  un réalisateur n’est pas ce qui me séduit dans le choix de mes rôles, ce qui m’importe le plus c’est le scénario. La façon dont va être écrit le scénario, les idées du réalisateurs ce sont ces choses  qui me donnent envie de tourner avec  quelqu’un.

 

Dans 10 ans, que souhaitez-vous  pour  “les actrices noires”  ?

Ce serai déjà qu’on soit vue comme des actrices et pas  des actrices NOIRES.

Je souhaiterais qu’à partir du moment où on cherche une jeune fille pour jouer un rôle dans un film, qu’on puisse par exemple m’appeler passer le casting que je sois noire ou blanche. Qu’on m’identifie par rapport à mon talent et non à ma couleur de peau.

Je souhaiterais qu’on nous voit plus et surtout qu’on nous voit plus sur les affiches et  dans des films. Que le cinéma français soit aussi mixte que les rues parisiennes.

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