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Persuasif : une web-série à voir !

Dimanche 28 août dernier sur NoFi, je lisais un article(Article sur Nofi) qui parlait des films d’afro-américains qui n’étaient pas énormément diffusés en France comme ceux avec des acteurs blancs.
Après lecture, j’ai partagé l’article. Quelques minutes après, je reçois (inbox) le message d’un inconnu me disant :

« Bonjour chère Sonia,
J’ai vu que le post du Média Nofi vous a fait réagir et je me suis dit que je devais porter à votre attention une boite de production audiovisuelle dont les projets devraient vous plaire : (…) Harold Varango est d’origine béninoise et n’a attendu personne pour monter sa propre structure de production : Actes de piraterie.

Il a créé la série digitale « Persuasif » mettant en avant des comédiens talentueux afro-descendants et comme on n’a pas ou peu l’habitude d’en voir dans les productions audiovisuelles françaises : incarnant des personnages riches, complexes et nuancés.

La chaine Arte réputée pour l’aspect pointu et qualitatif de sa programmation a tellement apprécié son scénario et ses premières images, qu’elle a décidé de coproduire la première saison de la série. Vous pouvez trouver l’intégrale de « Persuasif » via ce lien : Le lien de Persuasif

Persuasif n’est ni dans le registre de l’humour ni dans celui de l’action pour choquer et faire du sensationnel sans réellement de fond. Il s’agit là d’un polar psychologique interrogeant le moral. Et ça fait du bien un premier rôle intelligent interprété par un comédien charismatique noir. Je vous souhaite un bon visionnage (…) »

J’ai cliqué sur le lien et j’ai vu le premier épisode. J’ai donc répondu à l’inconnu et je me suis présentée. Quelques minutes après, je reçois le dossier de présentation du film par mail.

CE QUE DIT LE DOSSIER


Harold Varango, le réalisateur

L’histoire

Il s’appelle Nathanaël, ne porte jamais de pistolet sur lui et ne parle qu’à bon escient. Homme de sang-froid, le héros de Persuasif se fait un devoir de recouvrir des dettes en usant de la davantage psychologie que de la violence. 

Pour le moins singulier, ce garçon a également deux compagnes différentes à qui il semble porter une attention sincère. L’une et l’autre perçoivent sa double vie mais sont irrésistiblement attachées à lui et continuent de le fréquenter. 

La plupart des épisodes voient Nathanaël dénouer un dossier sensible. Mais, sur l’ensemble de la saison, il avance plus difficilement sur une affaire plus explosive que toutes les autres, qui implique le fils du ministre de l’Intérieur.

Ses méthodes brillent par leur ingéniosité, leur audace ou leur imprévisibilité. Mais, certaines conséquences de son efficacité ne vont pas tarder à remettre en cause sa thèse selon laquelle il rendrait service à ses cibles. Persuasif nous livre une réflexion originale et confronte conscience, morale et manipulation. Que son action soit ou non légale, que peut-on vraiment reprocher à celui qui semble convaincu de rendre les choses meilleures ?

Un choix de format et de rythme 

Persuasif apparaît à l’écran au format « CinemaScope » originel. Le cadre, très large, joue souvent avec les lignes horizontales du décor, aidé en cela par une caméra généralement fixe ou stable. 

Même si le monde « des quartiers » n’est très souvent perçu aujourd’hui que comme un explosif espace de rage, Persuasif s’attache à le montrer comme il est la plupart du temps : immobile. Les couleurs sont piquantes, pour échapper au cliché de la grisaille reine, mais le contraste marqué rappelle que ce sont des drames qui se jouent. Persuasif n’a rien de frénétique. 

Sans que cela soit synonyme de lenteur, son tempo est le plus souvent posé, cherchant à opposer un démenti aux thèses voulant qu’il faille « très vite aller vite » pour garder un internaute. L’usage systématique du cut et une propension à entrer d’emblée dans le vif des scènes la préserve de toute léthargie.

Une autre diversité 

Cathy (Magalie Diengui)

Cela sautera peut-être aux… oreilles de ceux qui auront préalablement su l’implantation plutôt banlieusarde de l’histoire, il n’y a pas de rap dans Persuasif.

 Pas même des sonorités vaguement hip-hop. Non pas, loin s’en faut, que le réalisateur éprouve quelque défiance à l’endroit de ce genre musical ou de cette culture. 

Mais, le compositeur Laurent Sako est allé puiser dans la musique traditionnelle africaine, dans le folk, dans le blues, dans l’électro et dans la soul pour élaborer un ensemble cohérent qui n’est en décalage avec l’histoire que pour celui qui a une perception fantasmée du décor de cette dernière.

CE QUE JE PENSE(Après avoir vu quelques épisodes)

Nathanaël,l’acteur principal à gauche (Blaise Ba)

C’est vrai que ce film se passe en banlieue. Mais, on n’entend aucune sonorité rap ou hip-hop. Plutôt des musiques qui, dans quelques notes, rappellent des rythmiques africaines. On retrouve cependant le cash et le cru dans le parler des films de banlieue. 

La qualité d’image est comparable à un Luc Besson. Malgré le thème abordé, le film ne va pas à 100 à l’heure. Un choix assumé par le réalisateur.

On peut mettre un tout petit peu de temps à capter le film. Et quand on réussit à saisir l’intrigue, on se retrouve totalement plongé dans cette mini-série web de 11 épisodes de 7 minutes (saison 1).

Persuasif pousse à se porter une réflexion sur la morale. Au bout de quelques épisodes, on se demande comment juger une personne dont les actes vous choquent, et qui semble pourtant être en parfait accord avec sa conscience ? À quel point devons-nous tordre notre grille de valeurs pour qu’elle devienne moins contraignante ?

En outre, quand je regarde ce film, je me dis que l’amour est subjectif ; que finalement il (l’amour) n’a pas besoin d’être réciproque pour qu’on soit heureux. Et, si l’amour est insensé comme on le dit, on n’a pas besoin de suivre une quelconque règle.

Persuasif présente également une autre image des banlieusards. Je n’ai pas vu dans ce film une horde de gens énervés et dépourvus de maîtrise. Ça m’a même fait bizarre de ne pas les entendre crier. Ils parlent posément et avec calme. C’est tellement surprenant que ça peut choquer.

Je crois que les amoureux de films avec de belles histoires seront saisis par cette série. Par contre les amoureux d’action, de combats et d’explosions risquent d’être déçus, mais je vous conseille de le voir quand même. Qui sait ?

Moi ? Eh bien, j’attends de terminer la saison pour voir. Je me suis déjà prise d’affection pour Cathy (Magalie Diengui), la deuxième femme de l’acteur principal Nathanaël (Blaise Ba).
En tout cas, je pense que ce projet en vaut la peine. Même si je trouve qu’on devrait y mettre un peu de rythme. Je vous reviens quand je le termine.

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