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Une histoire de « Club des Petits »

On se rappelle tous de l’instant où on a vu pour la première fois des dessins animés à la télévision.

Moi, ce dont je me rappelle, c’est que c’était un moment magique. Les couleurs gaies et chatoyantes, les personnages dessinés qui sont soudainement animés et parlent comme nous, et qui transmettent des émotions… ça fait un choc ! Et on devient à l’instant même accroc.

Je me rappelle que tous les soirs du lundi au vendredi à partir de 18h30, notre (seule) télévision nationale la RTI (Radio Télévision Ivoirienne) accordait une lucarne aux touts petits que nous étions à travers « Le Club des Petits ».

Pour ceux d’entre vous qui l’ignorent le « Club des Petits » était une émission où on passait uniquement des séries animées. Cette émission était diffusée entre les années 80 et la fin des années 90.9836354

Je suis nostalgique de ces années là où on devait attendre 18h30 pour enfin avoir notre moment à nous à une époque où les programmes télé ne débutaient qu’à partir de 10h à 14h pour reprendre à 17h jusqu’à 22h. Qui ne se rappelle pas de Goldorak, de l’École des Champions, de Candy et biens d’autres « Clubs des Petits » qui ont bercé notre enfance.

Au moment où j’écris ces lignes, en Côte d’Ivoire on dit toujours «Club des Petits» pour parler de dessins animés. C’est quelque part amusant mais à la longue ça devient agaçant voire harassant.

Voici des phrases que vous pourriez entendre si vous tombez sur une conversation où on parle de dessins animés… « Hier j’ai regardé un Club des Petits, c’était intéressant » « Voici le Club des Petits dont je te parlais », « ils ne font même plus des bons Club des Petits de nos jours… »

 

Les Clubs de Petits d’aujourd’hui

 

Ah nous y sommes… « Ils ne font même plus de bons Club des Petits de nos jours… ». Les cartoons qu’on nous propose de nos jours seraient t-ils de mauvaise qualité ? Je dirais non ! Il y en a de très bons qui surpassent même pokouceux qu’on a vu jusqu’à présent, mais le problème c’est qu’il y en trop. Cela est dû à la multiplication des logiciels d’animation et au nombre galopant de chaînes pour les diffuser. Et bon nombre d’entre eux délaissent la 2D traditionnelle pour les images de synthèse ou encore la 3D.

 

Je regarde encore des dessins animés et je peux vous dire qu’on ne nous propose plus vraiment rien d’original. Que ce soit au niveau de l’écriture ou même des personnages et de l’humour…. L’humour est lourd, mais on (je) passe toujours du bon temps devant un dessin animé.

 

Un autre constat : la cible a aussi évolué. Il est encore plus agaçant de penser que les dessins animés sont exclusivement réservés aux tout petits. Même si au départ c’était la cible de prédilection et qu’on nous a longtemps fait croire qu’avec  Le Club des Petits, tout ce qui est dessin animé doit être réservé aux enfants. C’est faux !

Il existe autant de films et séries d’animation pour enfants et ados que de films et séries d’animation pour public mature(jeune,adulte…).

J’ai été choqué lorsque pendant mon adolescence,  j’ai regardé mon tout premier épisode de South Park. Mais j’ai tout de suite accroché à cause des thèmes graves qui y sont traités avec humour. Malgré les personnages (très jeunes, 8 ans en moyenne) et un humour très pipi caca omniprésent, South Park n’est pas une série animée pour enfants.

 

Et l’Afrique dans tout ça ?

 

Nous avons eu pour habitude de consommer ce qui vient de l’extérieur et nous connaissons plus ou moins bon nombre de cartoons et de Mangas. C’est une réelle source d’inspiration qu’il faut exploiter !

Il existe heureusement en Côte d’ivoire Afrika Toon un studio d’animation 2D/3D qui fait son petit bonhomme de chemin. Avec à son actif trois longs métrages en image de synthèse et des séries animées en cours de production, le studio veut positionner la Côte d’Ivoire comme le pôle de l’animation en Afrique.

Puisant ses histoires dans les contes et légendes à travers les exploits, des personnages historiques et une immersion dans les us et coutumes africains. Afrika Toon valorise la culture africaine à travers l’animation. Pokou Princesse Ashanti, Soundiata Kéita, Le Réveil du Lion, Wê l’Histoire du Masque Mendiant, des longs métrages d’animation qui en disent long sur l’importance accordée à l’animation en Afrique et aussi qui témoignent de la volonté de hisser le cinéma d’animation africain sur la scène mondiale.

 

Les Clubs des Petits de Demain

 

Les dessins animés ont envahi notre quotidien et nul ne peut le nier. Ils vont même au delà du simple divertissement. Ils jouent un rôle éducatif et didactique. Là où on pourrait prendre des personnages réels pour jouer un sketch de sensibilisation par exemple, l’on préfèrera des animatiques qui sont plus attrayantes et qui offrent une innovation dans la manière d’informer.

Mais les acteurs de cinéma ne doivent pas se sentir en danger. Ils recommencent même à avoir de la côte. Tous les classiques animés sont de nos jours adaptés en version « live ».

Mais il faut noter que cette année (2016 ndlr) nous avons eu droit au remake du Livre de La Jungle en « mocap » et en CGI, un procédé d’animation ultra-réaliste . En 2017, c’est un autre film d’animation qui aura également droit à son remake en CGI et il s’agit Du Roi Lion. C’est à croire que l’inspiration est en chute libre…

Si les américains, les asiatiques et les européens continuent de sortir d’excellentes productions, il n y a vraiment rien d’innovant. Ce sont les mêmes histoires qui sont recyclées sous différents angles et des productions réalisées à l’aide de grands moyens.

Il reste encore des histoires intéressantes et inédites à raconter venant de l’Afrique et dont leur adaptation en série ou films d’animation pourrait

Ce qui me pousse à affirmer sans balbutier que l’avenir de l’animation se trouve bel et bien en Afrique.

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