Nous sommes le mardi 15 janvier 2019, au siège de l’Unesco à Paris.

Le ministre de la Culture du Burkina Faso et quelques membres du staff du FESPACO animent une conférence de presse pour présenter les principales articulations de l’édition 2019 qui se déroulera sous le sceau de la célébration du cinquantenaire du festival avec pour thème « Confronter notre mémoire et forger l’avenir d’un cinéma panafricain dans son essence, son économie et sa diversité ».
Flash de photographes, micros, professionnels du cinéma, médias. Tout est réuni pour que les informations concernant cette célébration soient diffusées en masse.

Le festival qui se tiendra du 23 février au 2 mars 2019 à 20 films en compétition pour le prestigieux trophée de l’Étalon d’or de Yennenga, a annoncé Ardjouma Soma, Délégué général du FESPACO.
Le cinquantenaire du festival est annoncé comme une grande fête à n’absolument pas manquer. Mais avant d’en arriver à cet anniversaire , commençons par le début.

 

NAISSANCE DU FESPACO

Le festival panafricain du cinéma et de la télévision d’Ouagadougou (FESPACO) est un des plus grands festivals de cinéma africain.
Avant d’avoir ce statut, il a fallu qu’il soit créé en 1969 par François Bassolet, Claude Prieux (Directeur du Centre culturel Franco-Voltaïque) et Alimata Salembéré qui en a été la première présidente en 1969 et 1970.

Le but premier des initiateurs était que, par l’intermédiaire de ce festival, les populations puissent enfin voir les films du continent.
La première édition qui s’est déroulée du 1er février au 15 février 1969 était dénommée « Premier festival de Cinéma Africain de Ouagadougou » et a vu la participation du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, la Haute-Volta (actuel Burkina Faso), du Niger, du Cameroun ainsi que de la France et des Pays-Bas.

Au total 24 films, dont 18 Africains, y ont été présentés. Ce premier rendez-vous avait alors drainé 10 000 spectateurs.
Cette édition est un succès et s’ensuit l’année suivante une seconde édition qui draine le double des téléspectateurs de la première édition. Dès lors, l’État burkinabé n’a pas vraiment le choix ; il se rend à l’évidence que le festival intéresse et prend de l’ampleur.

 

LE FESPACO INSTITUTIONNALISE

En 1972, l’État institutionnalise le Fespaco.

Il est alors placé sous la tutelle du ministère de la Culture, du tourisme et de la communication et prend le nom du « festival panafricain de cinéma de Ouagadougou » (FESPACO) par la suite il est rebaptisé “Festival panafricain du cinéma et de la télévision d’Ouagadougou” nom qu’il porte aujourd’hui à cause de la grande implication des chaînes de TV comme Canal+ dans le festival.

Bref, donc lorsque le Fespaco est placé sous la tutelle gouvernementale, elle prend la forme d’un festival compétitif dès la troisième édition avec la création du grand prix dénommé Étalon de Yennenga.

À partir de 1979, le festival devient un bisannuel avec la création quatre ans plus tard du MICA (Marché International du cinéma africain).
Dès lors plus rien n’arrête la célébration bisannuelle des cinéastes africains chaque 2 ans à Ouagadougou. Jusqu’à aujourd’hui le rendez-vous est toujours respecté.

 

QUELQUES GAGNANTS MARQUANT DE L’ETALON D’OR DE YENNENGA

 

À la troisième édition du festival et la première année de compétition, c’est le Niger qui repart avec l’étalon d’or avec « Le Wazzou polygame » d’Oumarou Ganda.

Puis ça été autour du Maroc, ensuite du Cameroun et enfin le Mali avec « Baara » de Souleymane Cissé.

Soulemane Cissé remportera d’ailleurs 4 ans plus tard à nouveau le grand prix avec son film « Finyè ». La Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Burkina ont chacun remporté au moins deux fois le trophée.

Aussi, seuls deux pays anglophones sont déjà repartis avec l’étalon d’or du Yennenga : le film Éthiopien « Teza » d’Hailé Gerima en 2009 et « Ezra » du nigérian Newton Aduaka en 2007.

 

LES FEMMES DANS TOUT ÇA… !?

C’est la grande question depuis les deux dernières éditions sinon peut-être plus loin, aucune femme n’a jamais remporté l’étalon.
Pourquoi ? Pourtant elles sont de plus en plus sélectionnées pour le festival.

Les films de femmes doivent se contenter de la troisième ou deuxième marche sans jamais flirter avec le grand trophée.
La seule raison que je vois pour expliquer cela c’est que leur réalisation ne trouve pas grâce aux yeux du jury.

J’espère que la discussion initiée à ce propos pendant cette édition aidera à comprendre cela.

On espère en tout cas beaucoup plus de chance pour Desrances d’Apolline Traoré (Burkina Faso), Ila Akhir Ezzaman (jusqu’à la fin des temps) de Yasmine Chouikh (Algérie), Indigo de Selma Bargach (Maroc) et Rafiki de Wanuri Kahui (Kenya) les films des quatre femmes en lice pour l’étalon d’or cette édition.

Pourvu que ces 50 ans soient l’année de toutes les surprises.

 

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